De l’enfant aux mille possibles à l’adulte conditionné : comprendre la création de vos parts d’ombre
L'enfant aux mille possibles

À la naissance, l’être humain est comme un diamant brut. L'enfant arrive au monde sans filtre, sans masque et sans censure. Il porte en lui toute les facettes du vivant : la capacité d'explorer, de créer, de crier sa colère de manière brute, d'exprimer une joie débordante ou de manifester une immense vulnérabilité. À ce stade, tout est possible. Son potentiel d'expression est total.
Mais pourtant, en grandissant, cet éventail infini semble se rétrécir peu à peu. Nous observons chez l'adulte une gamme de comportements de plus en plus restreinte, qui s’est rigidifiée, figée, le diamant a été poli, façonné au gré de son joaillier.
Mais alors, comment passons-nous de cet être spontané et multidimensionnel à un individu engoncé dans des habitudes et des rôles bien précis ?
Tout simplement pour nous adapter et survivre, être aimé, éviter le rejet.
Ce diamant qui était brut aura, au fil du temps, besoin d’être sculpté pour répondre aux attentes du monde qui l’entoure.
La rencontre avec les systèmes : Le Modèle Écologique de Bronfenbrenner
Ce monde qui nous entoure est composé de différents systèmes humains qui sont plus ou moins proches de nous, mais dans lesquels nous baignons au quotidien et qui s’influencent les uns les autres.

Des systèmes extérieurs à la structure de l'âme
Dans son besoin vital d’appartenance et pour éviter la honte ou la souffrance, l'enfant comprend très vite quelles facettes de lui font plaisir à son environnement, et lesquelles dérangent. Il fait alors des choix inconscients mais fondamentaux : il trie. Il sélectionne les facettes de lui-même qui reçoivent de la validation, et relègue les autres au second plan.

La Persona : notre passeport social
Face aux attentes du microsystème (nos parents, nos profs) et du macrosystème (notre culture), il façonne ce que Jung appelle notre Persona. Ce mot, qui désignait à l'origine le masque de théâtre antique, représente le rôle qu’il joue en société. C'est le visage "acceptable" qu’il présente au monde : l'enfant sage, le leader fort, le boute-en-train ou l'élève parfait. La Persona est indispensable pour évoluer en société, mais elle ne montre qu'une seule facette du diamant que nous sommes.
L'Ombre : le débarras du refoulé
Mais qu'advient-il de tout ce qui a été désapprouvé par nos systèmes ? Rien ne disparaît vraiment. Tout ce que l’enfant a dû taire pour éviter de souffrir ou d'être rejeté est relégué dans ce que Jung appelle l'Ombre.
L'Ombre est la partie immergée de notre iceberg psychique. Et contrairement aux idées reçues, elle ne contient pas que du "négatif"

Retrouver le chemin de l'entièreté
Ce voyage périlleux à travers nos systèmes et notre intériorité montre une chose essentielle: nous adapter a été notre plus grande force d'enfant, mais cela peut devenir notre plus grande prison d'adulte.
En enfermant des pans entiers de notre personnalité dans l'ombre pour nous protéger du rejet, nous avons troqué une partie de notre liberté contre de la sécurité.
En devenant adulte, un sentiment de vide, de l’épuisement professionnel, une perte de sens, des réactions disproportionnées ou j’en passe, peuvent apparaitre. C’est notre Ombre qui tente de se faire entendre pour qu’enfin nous laissions tomber le masque.
Par l’intégration de notre masque et de nos parts d’ombre et dans un processus de d’individuation, il nous devient alors possible de devenir non pas la « meilleure version de nous-même », mais la « version complète de nous-même ». Petit à petit nous allons pouvoir rouvrir des pièces fermées de notre maison intérieure : y récupérer nos émotions enfouies, réapprivoiser nos limites, et surtout, réautoriser notre ombre dorée à briller de nouveau.
Apprendre à regarder nos parts d'ombre et de lumière demande une dose de courage, un paquet de douceur et beaucoup d’amour, mais ce chemin de la connaissance de soi est tellement riche, qu’il vaut la peine d’être parcouru.
Et vous ? Si vous observez votre quotidien, quelles parts de vous avez-vous eu le sentiment de devoir cacher pour trouver votre place ? Est-ce une émotion, un besoin, ou peut-être un talent oublié ? |
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